Musée Jean Couty – Lyon

Exposition au Musée Jean Couty – Lyon « Parcours croisés » Bernard Buffet et Jean Couty – Prolongation jusqu’au 16/06/19

Musee Jean Couty
Jean Couty, Autoportrait, 1936, Coll. Musée Jean Couty © ADAGP Paris 2018 Bernard Buffet, Autoportrait 13, 1981 Coll. Fds de Dotation Bernard Buffet Paris © ADAGP Paris – 2018

Pour sa première exposition temporaire, le musée Jean Couty réunit Bernard Buffet (1928-1999) et Jean Couty (1907-1991)

Au travers d’une sélection de plus de soixante peintures et dessins, cette exposition inédite propose un regard croisé sur ces deux artistes issus de la peinture figurative française du XXe siècle, profondément engagés dans leur art.

Indépendance et attachement à une peinture dans la continuité de celle des maîtres du passé et ouverte à la modernité caractérisent l’œuvre de ces deux artistes. Bernard Buffet et Jean Couty incarnent ce que la figuration revendique après la guerre, le retour au sujet et à la tradition, avec les grandes compositions, le portrait et les paysages.

Jean Couty, New York, 1977, huile sur toile, 195 x 130 cm Collection Musee Jean Couty © ADAGP, Paris – 2018
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Bernard Buffet NewYork, Hutton headquarters building, 1989, huile sur toile, 195 x 114 cm Collection particuliere © ADAGP, Paris – 2018

Cette exposition met en parallèle les œuvres de deux grands peintres qui présentent de nombreux points communs sur le plan pictural et esthétique. L’accrochage met en lumière leur vision, leur obstination à témoigner toujours de la nécessité de l’art.

Grâce aux prêts provenant de la famille de Bernard Buffet, du Fonds de Dotation Bernard Buffet, de collections publiques et privées, les œuvres réunies – peintures, dessins – témoignent des attaches qui relient ces deux artistes, et le public pourra découvrir des œuvres inédites et d’autres peu exposées dans les musées.

Repères biographiques de BERNARD BUFFET : 1928 – 1999

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Bernard Buffet dans son atelier de Saint-Crespin. 1981. © Galerie Maurice Garnier

1928 : Naissance à Paris le 10 juillet.
1944 : Il intègre l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
1945 : Aux Beaux-Arts, Bernard Buffet obtient le prix des travaux d’ateliers. Décès de sa mère, Blanche Buffet.
1946 : Au Salon des moins de trente ans, un autoportrait est sa première œuvre exposée. Il peint La Déposition de croix dont il fera don au Musée national d’Art moderne en 1950.
1947 : Au Salon des indépendants, il expose L’Homme accoudé. Première exposition personnelle à la Librairie des Impressions d’Art, à Paris, présentée par le critique Pierre Descargues. Raymond Cogniat lui achète Nature morte au poulet pour le Musée national d’Art moderne.
1948 : Il propose Le Buveur au jury du prix de la Jeune peinture organisé par la galerie Drouant- David. Il n’obtiendra pas le prix mais le Dr Girardin lui achète l’œuvre qu’il lèguera au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Emmanuel David propose à Bernard Buffet de rejoindre sa galerie avec un contrat d’exclusivité partagé dès l’automne avec Maurice Garnier (galerie Visconti). Il est lauréat du Prix de la Critique, ex æquo avec Bernard Lorjou, avec son œuvre Deux hommes dans une chambre. Il participe au Salon d’automne (La Ramendeuse de Filets).
1949 : À partir de février, une exposition personnelle et annuelle est organisée à la galerie Drouant et David et à la galerie Visconti, puis à la galerie David et Garnier, et enfin à la galerie Maurice Garnier. Parution de la première monographie Bernard Buffet par Pierre Descargues aux Presses littéraires de France.
1950 : Il fait partie des membres fondateurs du Salon de la jeune peinture organisé par Pierre Descargues, héritier du Salon des moins de trente ans. Il passe l’été avec Pierre Bergé dans le Vaucluse. En novembre, séjourne à Manosque avec Pierre Bergé et rencontre de Jean Giono.
1951 : Jean Giono lui prête une petite maison à Manosque, puis il loue une ancienne bergerie à Nanse où il travaillera jusqu’en 1954. Peint La Passion du Christ.
1952 : À la demande du Dr Girardin, il grave 125 pointes-sèches pour illustrer Les Chants de Maldoror de Lautréamont, édité par Les Dix.
1953 : Réalise 21 pointes-sèches pour illustrer Recherche de la pureté de Jean Giono ; 37 dessins à l’encre de Chine pour Le Bestiaire.
1954 : Peint Horreur de la guerre et grave 21 pointes-sèches pour La Passion du Christ.
1955 : Peint la série Le Cirque et obtient la première place au référendum organisé par Connaissance des arts, désignant les dix meilleurs peintres de l’après-guerre. Réalise les maquettes des décors et costumes de La Chambre, argument de Georges Simenon, musique de Georges Auric pour la compagnie de danse de Roland Petit. Parution d’Horreur de la guerre de Pierre Bergé (éditions Parenthèses).
1956 : Peint Paysages de Paris et L’Académie Goncourt. Acquiert Château l’Arc, aux alentours d’Aix-en-Provence, sa résidence principale jusqu’en 1964. Parution de Bernard Buffet par Jean Giono (éditions Hazan).
1957 : Illustre La Voix humaine de Jean Cocteau de 22 pointes-sèches. Voyage aux États-Unis (Dallas et New York).
1958 : Illustre Voyages fantastiques de Cyrano de Bergerac de 12 pointes-sèches. Rétrospective de ses œuvres à la galerie Charpentier, à Paris. Georges Simenon et Jean Bouret publient Bernard Buffet (éditions Weber, coll. Les Cahiers de la peinture), Georges Hourdin publie L’Enfer et le ciel de Bernard Buffet (Cerf). Time lui commande un portrait de Charles de Gaulle pour une couverture. Rencontre Annabel Schwob par l’intermédiaire de Luc Fournol.
1960 : Réalise une série de portraits d’Annabel. Voyage à Venise.
1961 : Pour la chapelle de Château l’Arc, il réalise une série de toiles sur la vie de Jésus. Il les offrira en 1971 au Musée du Vatican. Voyage à Londres.
1962 : Réalise les décors et costumes pour Carmen de Bizet à l’opéra de Marseille. Nommé chevalier des Arts et des Lettres. Naissance de sa fille Virginie.
1963 : Peint Le Muséum de Bernard Buffet. Rétrospective de son œuvre à Tokyo et Kyoto.
Naissance de sa fille Danièle.
1964 : Peint Les Écorchés, les portraits de Mao Tsé-Toung et du Pape Jean XXIII. Illustre Toxique de Françoise Sagan. Achète une maison à Saint-Cast, en Bretagne, où il travaillera jusqu’en 1970. Publication de Bernard Buffet par Maurice Druon (éditions Hachette).
1965 : Entre 1965 et 1971, réside entre Paris et la Bretagne.
1966-1967 : Peint La Corrida, Les Plages, Montmartre et Le Cri.
121968 : Peint La Leçon d’anatomie d’après Rembrandt, et Églises de France. Réalise Mon Cirque, album de 44 lithographies, les textes et la mise en page sont de lui-même.
1969 : Peint Les Châteaux de la Loire et L’Introspection.
1970 : Peint Les Folles. Illustre des poèmes de Verlaine, Rimbaud et Baudelaire dans le recueil de lithographies Jeux de dames (avec André Sauret, Les éditions du Livre).
1971 : Réalise plusieurs portraits de ses filles Virginie et Danièle. Naissance de son fils Nicolas.
Nommé chevalier de la Légion d’honneur. Acquiert le château de Villiers-le-Mahieu, dans les Yvelines, où il vivra pendant sept ans.
1973 : Inauguration du Musée Bernard-Buffet, fondé par le banquier et collectionneur Kiichiro Okano, à Surugadaira, au Japon.
1974 : En mars, Bernard Buffet est élu à l’Académie des beaux-arts au siège du peintre animalier Paul Jouve.
1976 : Peint sept immenses tableaux et grave onze cuivres à la pointe-sèche d’après L’Enfer de La Divine Comédie de Dante.
1978 : Il réalise la maquette d’un timbre émis par l’administration des Postes : « L’Institut et le pont des Arts ».
1979 : Réalise les Nus et 23 lithographies pour l’album Saint-Tropez, texte d’Annabel Buffet.
1980-1981 : Peint Le Japon et Les Grues d’Hokkaido. Réalise 24 lithographies pour l’album Le Japon, texte d’Annabel Buffet.
1983 : Maurice Rheims préface Bernard Buffet, graveur, 1948-1980, catalogue raisonné de son œuvre gravé (Éditions d’art de Francony).
1985 : Une grande exposition est organisée à Toulouse, au réfectoire des Jacobins.
1986 : Achète à Tourtour, dans le Var, le Domaine de la Baume qui devient sa résidence principale.
1987-1988 : Peint Sumo et Kabuki, et Don Quichotte. En décembre, vente aux enchères record de 40 toiles de Buffet.
1989-1990 : New York et Vingt mille lieues sous les mers.
1991 : Grand succès de la rétrospective de son œuvre en URSS, au Musée Pouchkine de Moscou, et à L’Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Donation de tableaux à ces musées.
1994 : Les Sept Péchés capitaux. Rétrospective à la Documenta-Halle de Kassel.
1995-1996 : Voyage en Chine. Pékin. Rétrospective de son œuvre à Taïwan, au Musée des Beaux-Arts de Kaohsiung.
1997 : Exposition à Pékin. Apparitions des premiers symptômes de la maladie de Parkinson.
1999 : Peint La Mort pour sa dernière exposition qui se tiendra après son décès. Bernard Buffet met fin à ses jours le 4 octobre à Tourtour.

Repères biographiques de Jean COUTY : 1907 – 1991

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Jean Couty dans son atelier de L’Ile Barbe, 1964. © Musée Jean Couty

1907 : Le 12 mars, naissance de Jean Couty. Ses parents sont originaires de la Creuse. Ses ancêtres sont paysans et maçons.
1918 : Il réalise ses premiers dessins au crayon.
1922 : À 15 ans, il rencontre l’architecte Tony Garnier qui lui conseille de suivre les cours de l’école des Beaux-Arts de Lyon.
1925 : Il entre dans la classe d’architecture de Sainte-Marie Perrin. Il obtient le premier prix d’archéologie sous la direction d’Henri Focillon.
1926 : Couty entre dans l’atelier de Tony Garnier, qui lui conseillera plus tard de se consacrer à la peinture.
1927 : Il est admis à l’école régionale d’architecture de Lyon et suit les cours de la classe supérieure d’architecture des Beaux-Arts de Paris. En vacances dans la Creuse, il dessine et peint ses premières compositions.
1928 : Premiers dessins d’églises romanes.
1933 : Il obtient son diplôme d’architecte DPLG. Il est nommé sociétaire au Salon du Sud-Est où il expose Sans travail. Le tableau est remarqué par George Besson et Marius Mermillon.
1936 : Son tableau La Mère reste seule, exposé à Paris au Salon des Indépendants, est remarqué par André Lhote.
1935 : Par l’intermédiaire de George Besson, il expose une toile à la galerie Braun à Paris.
1937 : Jean Couty reçoit le Grand Prix du Groupe Paris-Lyon.
1939 : Mobilisation dans l’infanterie à Lyon à la caserne du Fort-Lamothe.
1940 : Couty se lie avec les écrivains Claude Aveline et Louis Martin-Chauffier et fait la connaissance de Katia Granoff qui deviendra son marchand à Paris.
Il fait le premier dessin de la Résistance dans la revue Les temps Nouveaux.
1943 : Études sur les portraits suite à son séjour chez les frères des écoles chrétiennes de Lyon. Couty illustre les poèmes de Paul Claudel, Louis Gillet et Stanislas Fumet dans l’ouvrage Saint François, chez nous.
1945 : Katia Granoff présente la première exposition de Jean Couty à Paris, où il exposera pendant plus de quarante ans.
1946 : Exposition collective d’art contemporain au musée du Luxembourg.
1947 : Participe à l’exposition d’art français à Ottawa.
1948 : Offre une toile à l’Institut français d’Athènes où il participe à une exposition aux côtés de Picasso, Matisse, Braque, Marquet…
1950 : Jean Couty reçoit le Prix de la Critique de Paris deux ans après Buffet et Lorjou. Une grande toile intitulée La Mort est acquise par Jean Cassou, pour le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
1951 : Couty est invité au premier Salon des peintres témoins de leur temps, au Musée Galliera à Paris.
1956 : Décès de son père. Il peint Le Massacre des juifs du ghetto de Varsovie. La toile sera vendue aux enchères à Drouot en 1967 au profit d’Israël.
1958 : Jean Couty est promu Chevalier des Arts et Lettres.
1959 : Couty est le premier peintre à illustrer le billet de la loterie nationale.
1960 : Jean Couty est fait chevalier de la Légion d’honneur.
1964 : Il illustre deux cartes de Noël des Nations Unies, après Picasso, Chagall et Miro.
1966 : Décès de sa mère. Il épouse Simone Drevon. L’UNICEF édite des cartes postales de Noël au profit de l’enfance défavorisée.
1967 : Voyage en Espagne. Le couple donne naissance à un fils unique Charles-Olivier. Couty est médaillé par la ville de Montrouge. Il reçoit le grand Prix de l’Académie de Mâcon.
1970 : Jean Couty est fait officier des Arts et des Lettres.
1971 : Rétrospective à la maison de la culture de Bourges.
1973 : S’intéresse aux chantiers du métro de Lyon. Couty visite Israël. Plusieurs toiles sont consacrées à Jérusalem.
1975 : Long voyage en URSS. Couty est lauréat du Grand Prix des peintres témoins de leur temps avec la toile Le Chantier du Métro.
1977 : Rétrospective à l’Espace Lyonnais d’Art Contemporain.
1979 : Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris présente l’exposition « Jean Couty, les chantiers de ce temps ».
1980 : Don de la toile Construction de l’auditorium au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris.
1983 : Couty est élu l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Lyon.
1987 : Jean Couty reçoit la médaille de Commandeur des Arts et Lettres. Importante exposition à la Fondation Bullukian à Lyon.
1989 : Le Prix du Peintre de la Lumière et de la Spiritualité lui est décerné à Lourdes. Exposition collective au Japon.
1990 : Il expose à la fondation Vasarely à Aix-en-Provence. Grande rétrospective à l’Auditorium de Lyon. Jean Couty reçoit pour la deuxième fois le Prix du Groupe Paris-Lyon.
1991 : Participe à la biennale internationale d’art sacré de Lourdes.
Décès de Jean Couty le 14 mai.

Informations pratiques :

Musée Jean Couty
1, place Henri Barbusse
Saint-Rambert –L’Ile Barbe
69009 LYON
◼ Horaires d’ouverture
Du mercredi au dimanche
de 11 h à 18 h
◼ Fermeture
Les 1 er janvier, 1 er mai, 1 er novembre
et 25 décembre
Renseignements : +33 (0)4 72 42 20 00