KRIKI expose chez Suzanne Tarasieve – Paris

KRIKI – Mediase 17 octobre – 28 novembre 2020 – « Médiase » est la contraction des mots médias et Méduse

Mediase
Kriki, Plastik, 2020, huile sur toile / oil on canvas, 165 x 250 cm

Pour sa première exposition à la Galerie Suzanne Tarasieve, Kriki présente un nouvel ensemble d’huiles sur toile et de dessins couleurs

Le titre de l’exposition « Médiase » est la contraction des mots médias et Méduse. Ce nom évoque ici l’action anxiogène des journaux télévisés, et fait aussi référence à la déesse antique Gorgone, au regard pétrifiant. Dans le tableau qui porte ce titre, Kriki peint « Médiase » sous la forme d’une gigantesque méduse bleue, échouée sur la plage, et dont la tête formée de téléviseurs surmonte les tentacules de câbles de connections ; car ce sont bien les réseaux médiatiques qui diffusent les peurs. Si les conflits du Proche-Orient, la déforestation, ou encore les peuples représentés dans le tableau « Plastik » servent de sujet à l’artiste, d’autres scènes plus intimes font référence à sa punkitude autant qu’à son rôle de peintre dans la société.

La peinture de Kriki résiste à notre premier regard, c’est une pensée rhizomique qui fonctionne par concaténation ; passant du global à l’intime, du sensible au subtil. Dans ces tableaux hyper construits, à la composition travaillée au préalable sur ordinateur, des personnages emblématiques et allégoriques peuplent l’espace, comme la figure renversée d’un danseur de hip hop, un hipster punk à la barbe verte ; ici un homme à facettes évoquant l’anonymat des mosaïques télévisuelles, ou bien encore, des hommes feuilles, des hommes fibres, coiffés de masques recyclés, hérités des ethnies africaines. Ou encore « Shêdu », le taureau androcéphale, dans le tableau « Syrian », sans oublier le FUZZ, célèbre figure inventée par l’artiste dans les années 1980. Dans les peintures de Kriki, des objets apparaissent aussi de manière récurrente, comme les troncs-platines, métaphores dendrochronologiques qui permettent d’écouter le silence de la nature. Des câbles, symboles d’un monde surconnecté, serpentent ça et là parmi des livres embrochés comme des kébabs, signe d’une fast-culture à consommer sur le pouce.

Le monde dépeint par Kriki nous apparait somme toute comme un rêve éveillé, sociologique et grinçant, d’une densité captivante et plutôt positive.
Richard Leydier

Vernissage samedi 17 octobre de 18h à 21h
SUZANNE TARASIEVE PARIS
7, rue Pastourelle – 75003 Paris
T : + 33 (0)1 42 71 76 54