Gaumont présente

Perfect Mothers sortie le 3 avril 2013, un film de Anne Fontaine

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Avec Naomi Watts, Robin Wright…

Inséparables depuis le premier âge, Lil et Roz vivent en parfaite osmose avec leurs deux enfants, deux jeunes garçons à la grâce singulière et qui semblent des prolongements d’elles-mêmes. Les maris sont absents. Inexplicablement, et pourtant comme à l’évidence, chaque femme se rapproche du fils de l’autre, nouant avec lui une relation passionnelle. A l’abri des regards, dans un Eden balnéaire presque surnaturel, le quatuor va vivre une histoire hors norme jusqu’à ce que l’âge vienne mettre un terme au désordre. En apparence, du moins…

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Avec :
Xavier Samuel James Frecheville Sophie Lowe Jessica Tovey Gary Sweet
et Ben Mendelsohn
Scénario de Christopher Hampton et Anne Fontaine
D’après l’œuvre  originale de Doris Lessing, « The Grandmothers »
Durée du film : 1h51

 A propos :Doris Lessing

Doris-Lessing
Doris Lessing a 86 ans lorsque « les Grand-Mères » sont publiées en France. Pas encore nobélisée (on est en 2005, elle ne le sera qu’en 2007, après des années de purgatoire), mais toujours aussi effrontément incorrecte, sa nouvelle, que l’éditeur français Flammarion a préféré désolidarisée des quatre qui composent l’édition anglaise tant elle lui semblait singulière, va faire monter la température sur les plages hexagonales.
Pas de suspense donc mais une lente et paisible plongée dans les eaux faussement limpides de ces amours hors normes. Dans un style si mat que le soleil qui brille dans le ciel de ses héros semble y réfléchir ses rayons. Doris Lessing nous fait partager l’intimité solaire, déconcertante et quelquefois douloureuse des deux person­nages féminins. Amies depuis l’enfance – « Elles habitaient, écrit-elle, deux maisons qui se faisaient face dans une rue qui dévalait vers la mer, non loin de la pointe de terre qui abritait Baxter’s (en Australie, NDLR) un coin bohème » -, mariées au même âge et aussitôt mères – « deux petits garçons blonds, adorables, on aurait dit qu’ils étaient frères » -, Les deux femmes partagent tout, beauté, confort, argent, métier valorisant, Narcisses en fleurs qui se délectent de leur propre reflet. Dans cet Eden balnéaire où la plage, le soleil et les nourritures terrestres rythment l’existence, les enfants bientôt grands, jeunes Dieux à la beauté quasi surnaturelle, prolongent cette belle ordonnance dont les maris absents- l’un mort, l’autre parti ailleurs sont exclus. Une bulle de bonheur pur qu’aucun ne songerait à crever.  Vent debout, ses héroïnes font face, jusqu’à décider ensemble, le moment venu, de mettre un terme à la ro­mance. Elles n’y parviendront pas. Parfaites belles mère et parfaites grand-mères en apparence mais toujours passionnément transgressives. Car dans cette histoire folle, l’amour est plus fort, et leurs amants sont aimants.
En France, dans la moiteur estivale qui accueille son nouvel ouvrage, les réactions ne seront pas toutes enthou­siastes. Certains critiques dénoncent l’amour étouffant des deux mères : « Un miracle de méchanceté amorale », écrit une journaliste à propos des deux héroïnes dont elle dénonce l’égoïsme flamboyant; « Des personnages peu attachants », dénonce une autre. Mais la vieille dame indigne a bien davantage de partisans et sait comme personne défendre ses positions : « Au lieu d’écrire un roman sur l’impossibilité de l’amour, ironise cette féministe avant l’heure qui ne déteste rien autant que celles qui en revendiquent l’étiquette, j’ai voulu raconter à partir d’une histoire authentique comment et pourquoi un amour peut durer dix ans, ce qui n’est déjà pas si mal. On y dénonce mon goût de la provocation. Quelle provocation ? Je me suis simplement inspirée d’un récit auquel je pouvais m’identifier en m’interrogeant sur ce que je pouvais en faire. Certaines personnes insistent sur le côté « dégoûtant » de ma nouvelle mais je ne comprends pas cette attitude de voyeur. Ce sujet n’est pourtant pas nouveau en France. Souvenez-vous : Colette en son temps, avait déjà raconté la même histoire. ».
Elle-même, en 1995, s’était déjà attaquée au tabou des amours tardives : dans « l’Amour encore », devançant alertement les cougars d’aujourd’hui, Doris Lessing y mettait en scène une femme mûre qui revisitait la carte du tendre à travers deux liaisons passionnées nouées avec des hommes infiniment plus jeunes.
Est-ce son enfance en Afrique du Sud, les parfums lourds en envoûtants de la flore rhodésienne ? Il court dans toute son œuvre , plus de soixante titres- romans, essais, poésie, et pièces de théâtre- une fièvre sensuelle et liber­taire qu’aucun obstacle ne saurait éteindre. « En vérité, martèle Doris Lessing, nous ne supportons pas d’être libres l’homme aime ses chaînes et, si les anciennes tombent, il se hâte d’en forger de nouvelles ; Le problème, c’est que ceux qui ont besoin de rigidité, de dogmes, d’idéologies, sont toujours les plus stupides, aussi le « politiquement correct » est-il une machine qui s’autoproduit pour éradiquer l’intelligence et la créativité.  Avec ce schéma si fermement enraciné dans nos esprits, il ne nous reste plus qu’à nous demander tristement : quand nous réussirons à rejeter cette épouvantable tyrannie – si nous y réussissons jamais- qu’est-ce qui la rempla­cera ? ». A 93 ans, dans sa maison nichée dans le quartier de West Hamptead à Londres, entourée de ses livres, d’innombrables puzzles et d’un chat au pelage impressionnant, la vieille dame qui aime à se décrire comme « une fille des colonies peu civilisée » s’y attelle toujours. Depuis la publication des « Grand-Mères », elle a publié cinq nouveaux ouvrages.
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