A la santé d’Henry Miller

L’illusion d’une vie, est-ce de tout posséder ou de tout quitter ?

a la santé d'Henry Miller

Auteur : Olivier Bernabé


Genre : roman
320 pages-13.84€
ISBN : 978-2-35216-971-0
Editions Persée
www.editions-persee.fr

Dans sa vie bien rangée, Balthazar Saint-Cene, quadragénaire séduisant et antiquaire reconnu, cherche une réponse, la réponse à ce « manque » qui nous taraude tous, au moins une fois dans notre existence. Sa rencontre avec une femme énigmatique qui se présente comme son « ange gardien » va bouleverser son destin ; ange ou démon, cette femme est-elle la solution au mystère de sa vie ou son pire cauchemar ? Balthazar nous entraine dans une quête initiatique où se côtoient, dans le théâtre de la vie, bassesse humaine et héroïsme, sous le regard amusé d’Henry Miller, sorte de « conscience iconoclaste » qui partage la vie intérieure de notre héros ordinaire.ce premier roman d’Olivier Bernabé nous entraine dans une aventure humaine originale et une intrigue captivante.

L’INTERVIEW DE L’AUTEUR

Le héros du roman, Balthazar Saint-Cene, incarne un fantasme universel, celui de tout quitter. Outre sa rencontre avec un personnage mystérieux, qu’est-ce qui l’a poussé à se remettre en question ?

Balthazar est, comme chacun de nous, pris entre deux désirs contradictoires. Celui de partir et celui de rester. La meilleure façon de rester est parfois de tout quitter (pour mieux revenir). Nous sommes tous confrontés à cette tentation. Balthazar va oser, ce que nous n’osons pas. Pour quitter, encore faut-il posséder. Or, posséder est une illusion. Rien ne nous appartient. Entre l’impossibilité et l’imposture, il reste un chemin étroit, à peine visible. Le moment très bref, unique, qui ne se présentera plus jamais. L’étincelle, l’instant qui décide tout. Balthazar est celui qui saura saisir l’occasion. Les autres personnages du roman sont tous à la recherche d’une « autre voie ».

D’où vient votre envie d’écrire ? Où puisez-vous votre inspiration ?

J’ai toujours eu au fond de moi ce besoin d’écrire. Il m’a fallu de nombreuses années pour m’en juger digne. Je suis l’exemple même qu’il n’est jamais trop tard. L’inspiration, si longtemps martyrisée, empêchée, s’est libérée avec frénésie, comme un fax qui débite sans interruption.

Pourquoi avoir choisi Henry Miller comme conscience malicieuse de votre héros ? Est-ce un auteur que vous admirez ? Y a-t-il d’autres écrivains qui vous inspirent ?

Miller m’a, bien sûr, inspiré. Au-delà de sa façon très personnelle de décrire le monde comme un immense chaos, de manier la poésie par excès de réalisme, de relier l’asphalte à l’immensité du ciel, en projetant des salves de mots incontrôlables, ce qui m’a intéressé, c’est surtout l’idée fortement ancrée chez lui, que la littérature n’est pas qu’une « thérapie », c’est une façon d’être, c’est « exister ». Et puis, choisir Miller, comme conscience, vous avouerez, compte tenu de sonétat de service, que c’est un sacré clin d’oeil ! D’autres écrivains m’ont inspiré, bien sûr. J’ai envie de dire : Tous ! Lire, c’est déjà écrire. Emerson a dit : « on dirait qu’une seule personne est l’auteur de tous les livres qui existent dans le monde. Il y a entre eux une unité si fondamentale qu’on ne peut nier qu’ils soient l’oeuvre d’un homme omniscient. » Par exemple, Kafka exprime la solitude insupportable et tragique de celui à qui il manque une place, fût-elle la plus humble, dans l’ordre de l’Univers. Même chose pour Stevenson et son Bartleby, le scribe solitaire et désespéré. Même chose pour Hawthorne et son Wakefield, qui quitte un jour sa maison, dit au revoir à sa femme sur le pallier, s’en va avec son petit cartable, va s’installer deux rues plus loin, et reviendra vingt ans plus tard comme si de rien n’ était. Ce personnage marginal a inspiré directement mon livre. J’ai même pensé à appeler Balthazar « Bartlefield ».

Votre roman montre que même le plus ordinaire des hommes est capable de vivre une aventure personnelle très intense. Est-ce justement une invitation à l’aventure lancée à vos lecteurs ?

J’aime particulièrement les lieux, les endroits chargés du passé. Paris est un personnage important du livre.

Votre roman montre que même le plus ordinaire des hommes est capable de vivre une aventure personnelle très intense. Est-ce justement une invitation à l’aventure lancée à vos lecteurs ?

Seule l’aventure intérieure, celle qui mène à une vérité intime, enfouie, dangereuse, m’intéresse. S’écarter un seul instant de son propre système, auquel chacun est inféodé avec une « exquise rigueur », fait courir le risque terrible de perdre pour toujours sa place. Balthazar, va faire surgir de sa banalité et de sa lâcheté, le vrai, le grand courage de se trouver. J’ai voulu décrire une espèce très particulière d’héroïsme moderne.

Biographie de l’Auteur : Olivier Bernabé naît à Alger en 1954, pendant la guerre, d’un père avocat qui gère lapropriété familiale et d’une mère pianiste. En 1962, c’est la rupture : la famille s’exile sur le continent. Plus qu’une existence emplie de couleurs et de bonheur, c’est son enfance et son insouciance qu’il laisse derrière lui. C’est peut-être à partir de cet épisode douloureux que s’esquissent les personnages des romans d’Olivier Bernabé, qui sont toujours à la recherche de leur identité, dans une inaccessible quête. Son arrivée en France dans une banlieue chic de la région parisienne est un choc culturel, mais aussi un changement de vie radical. Un petit meublé engloutit les souvenirs du vaste appartement de la rue Michelet et de la propriété de FORT DE L’EAU. Son père, pour faire vivre sa famille, achète une Etude d’avoué à Paris si « décatie » que l’on pourrait encore y percevoir les effluves des romans de Balzac. Avec l’adolescence vient l’amour de la littérature, et c’est avec passion qu’il découvre les grands écrivains. A travers BORGES, MILLER, FLAUBERT, HAWTTORN, PESSOA, TOLSTOÏ, DOSTOIEVSKI, JANKELEVITCH, ses « icônes » littéraires, se dessine son envie d’écrire. Il fait des études de droit mais avec le désir secret d’intégrer une Khâgne. Le destin va en décider autrement : son père gravement malade va lui demander d’assurer la survie de sa famille et de prendre sa suite. C’est ainsi qu’avec son diplôme d’avocat, il devient le plus jeune avoué de France à l’âge de 26 ans. Ce n’est qu’à l’âge de 50 ans, à l’heure où la vie prend une autre couleur, que l’envie se mute en frénésie et qu’il écrit trois romans et une pièce de théâtre. Avec cette première publication « A la santé d’Henry Miller », un écrivain est né. Olivier BERNABÉ nous entraine, avec une plume originale et un œil aiguisé sur notre microcosme humain, dans un parcours initiatique, et nous n’avons qu’une seule envie … le suivre.

carrechic.com a lu pour vous : Olivier Bernabé nous tient en haleine tout au long de ce roman. L’écriture est soutenue, rythmée on ne s’ennuie pas. L’histoire d’une vie qui pourrait être la nôtre.
Par la même occasion, on découvre ou redécouvre le personnage qu’était Henry Miller. Grâce aux conseils, aux actions que prodigue ce dernier à Balthazar le héros de cet ouvrage. Au travers de ses lectures, celui-ci se sent moins seul et sait faire face à de drôles de situations…